Une erreur de mémoire
Quand PHP manque de mémoire pendant le traitement d'une requête, il peut laisser des données à moitié préparées, puis les utiliser comme si elles étaient valides (CVE-2026-109618).
Le 21 octobre 2026, l'équipe de PHP a publié en urgence le correctif de deux failles critiques, surnommées PHP2Shell. PHP fait tourner WordPress, WooCommerce, Magento et une grande partie des sites web. Les faits viennent des bulletins de l'équipe de PHP, du CERT-FR et de Sansec.
Le CERT-FR signale aussi des tentatives d'exploitation des deux failles. D'après Sansec, les preuves de concept publiées ne fonctionnent pas sur une installation de PHP par défaut.
Les versions 8.1 et plus anciennes ne sont plus suivies par l'équipe de PHP et n'ont pas de nouvelle version corrigée. L'équipe a seulement publié, pour les versions 7.4, 8.0 et 8.1, un correctif que les hébergeurs et les éditeurs de systèmes peuvent intégrer à leur propre PHP. PHP 8.2 arrive lui-même en fin de support le 31 décembre 2026.
Quand PHP manque de mémoire pendant le traitement d'une requête, il peut laisser des données à moitié préparées, puis les utiliser comme si elles étaient valides (CVE-2026-109618).
Une information liée à une requête (une visite du site) peut survivre à la libération de sa mémoire. La requête suivante, traitée par le même programme PHP, peut alors s'en servir (CVE-2026-109619).
Dans les deux cas, un attaquant peut, dans certaines conditions, exécuter du code sur le serveur depuis Internet, sans compte ni mot de passe. Il agit alors avec les droits du site : lire ses fichiers et sa base de données, les modifier, ou s'en servir pour aller plus loin.
Le risque dépend de la façon dont PHP est relié au logiciel qui reçoit les visiteurs sur le serveur. C'est un réglage de l'hébergeur, que vous ne voyez pas. D'après les bulletins de l'équipe de PHP :
Dans tous les cas, d'après l'équipe de PHP, la mise à jour est la seule protection complète. Les réglages proposés en attendant, comme la désactivation du suivi des envois de fichiers (session.upload_progress), réduisent le risque sans le supprimer.
WordPress, ses extensions et son thème sont des fichiers de votre site. PHP, lui, est installé sur le serveur : c'est votre hébergeur qui le met à jour, ou votre prestataire si vous avez un serveur dédié. Un site WordPress à jour pouvait donc rester exposé.
Chez certains hébergeurs, la version corrigée garde aussi le même numéro. Ils appliquent le correctif à la version de PHP qu'ils préparent eux-mêmes, sans passer à la version officielle. Voir "PHP 8.2" dans l'administration de votre site ne dit donc pas si le correctif est installé.
J'ai été prévenu dans la nuit du 20 au 21 octobre, une quinzaine d'heures avant la publication du correctif. Les sites que je maintiens sont répartis chez plusieurs hébergeurs, et c'est à eux d'installer le correctif sur leurs serveurs.
Dans la nuit, j'ai demandé à chacun quand il installerait le correctif, s'il couvrait les anciennes versions de PHP et si les réglages provisoires étaient possibles en attendant.
Comme le numéro de version ne change pas toujours, j'ai ensuite vérifié moi-même sur chaque serveur la date à laquelle PHP avait été préparé, sans rien y modifier. J'ai prévenu chaque client une fois la mise à jour vérifiée sur son serveur, avec ce message : "Votre site est protégé : la mise à jour de PHP est installée sur son serveur, je l'ai vérifié moi-même. Vous n'avez rien à faire."
Tous les sites qui fonctionnent avec PHP l'étaient tant que le correctif n'était pas installé sur leur serveur, quelle que soit la version de WordPress. Le plus simple est de demander à votre hébergeur s'il l'a fait pour le serveur de votre site.
Si votre site est sur un hébergement mutualisé, non : la mise à jour de PHP est faite par l'hébergeur. Il faut seulement vous assurer qu'elle a bien été faite. Si vous avez votre propre serveur, c'est à vous ou à votre prestataire d'installer les versions corrigées.
C'est possible : les premières tentatives ont eu lieu avant même la sortie du correctif. Un site exposé n'a pas forcément été attaqué pour autant. Des fichiers inconnus, des pages de spam dans Google ou des redirections vers d'autres sites sont des signes qui doivent alerter. Les premiers gestes si votre site a été piraté
Non. Les réglages proposés en attendant le correctif réduisent le risque, mais l'équipe de PHP précise qu'ils ne rendent pas le serveur sûr. Seule la mise à jour de PHP corrige les deux failles.
Vous ne savez pas si le serveur de votre site a reçu le correctif ? Envoyez-moi son adresse : je vous dis ce qu'il faut demander à votre hébergeur. Réponse sous 24 heures ouvrées.
Appeler le 06 52 78 53 68